Description

 

Un portrait : "Saint-Sauves, quel joli coin, dans ses grès couleur de mûron rouge. Le bourg s'étage ; on montre aux visiteurs une étrange porte transportée de l'église démolie sur une place en terrasse. C'est du Henri II populaire. Un sculpteur villageois a aligné sur son tympan des palmettes, des rosaces, des masques barbares, et même des bonshommes à hauts-de-chausses, des bonnes femmes à vertugadins. Qui déchiffrera ce rébus?

Le paysage s'est étoffé. Il a pris un air de la bonne école qui lui assure une enviable renommé touristique. On a les Dore devant soi, en cimiers arqués, en fronton aux pans roides, en échardes comme d'un éclat de sapin arraché. Les herbages se déroulent, des rampes se déchirent, des bois de hêtres houlent, le vent brosse des lignes de frênes. Là-bas, au fond, où la Dordogne court et tourne, saillent de curieuses petites montagnes, celles-ci détachées, celles-là soudées en amoncellements de roches grises et d'arbres ondoyants.

Presque tout habillée de feuilles, la vallée remonte, s'évase, s'étrangle, pour bientôt s'élargir face au levant, au soleil du matin."

 Henri Pourrat  "Au fort de l'Auvergne"

La roche de Châteauneuf et le pont de Saint-Sauves

Un site : 8ème commune la plus étendue du département du Puy-de-Dôme, Saint-Sauves, d'une superficie de 4.986 hectares, est composée de 29 hameaux. L'altitude varie de 700 mètres au niveau de la Dordogne (sud du Pré de l'Aigue) à 1.328 mètres aux pieds de La Banne d'Ordanche (est de Pédaire et du buron des Granges) ; le bourg se situe quant à lui à 844 mètres d'altitude. Bâti sur un socle de grès rouge qui s’abaisse vers la Dordogne, celui-ci est le théâtre de l’achèvement de la belle auge glaciaire qu’emprunte la rivière. 

Coordonnées IGN©
projection X Y
Lambert - 93 675655 m 6500855 m
Lambert II étendu 627395 m 2067441 m
Lambert Zone 2 627395 m 2067440 m
système longitude latitude
NTF 0.39 grades 50.674 grades
ED50 02°41'19''E 45°36'26''

On appelle « ombilic » cette zone aux formes moutonnées, jonchée de moraines et de marécages. Ici, le granite disparaît pour laisser place au gneiss granulitique qui butte, par une faille où coule la Dordogne, contre les grès houillers, dans les schistes desquels furent trouvées des empreintes de feuilles (ravin de Rieucros, route de Messeix). Entre le pied de la côte de Méjanesse et le massif granitique de Châteauneuf, on remarque d’impressionnants dépôts d'alluvions où les roches du massif des Monts-Dore, ravinées par les glaciers, se sont accumulées  ; également se trouvent les débris d’une ancienne moraine glaciaire.

Vers Liournat, dans la foret communale (accordée par le droit coutumier à certains villages), le basalte de Charlannes repose sur des cinérites à projection avec empreintes de plantes pliocènes. Enfin, les galeries d'une concession d'antimoine argentifère (stibine avec traces de fluorine) exploitée de 1850 à la fin du XIXème siècle sont situées près de Chibet (sud de La Collonge et du Lac de Saint-Sauves) cf. infra. D'autres exploitations sont cédées telles que la concession BENAGUET en 1839 et ENGELVIN-DESROZIERS en mars 1843.

Cf. Article "Morphologie glaciaire de la région de Saint-Sauves" (Haute-Dordogne) par Yvette VEYRET (Bulletin de l'Association française pour l'étude du Quaternaire - 1972-1, pages 21 à 30)

Vue de Saint-Sauves, à l'entrée de la vallée du Mont-Dore par la route de Bordeaux - Dessin de Jules Laurens

Au nord du hameau des Escures, la coulée de basalte prismatique qui domine la voie ferrée fournit en abondance depuis 1917 des matériaux d’empierrement et de ballast (200 000 tonnes fournies aux Armées jusqu'à l'armistice). Au cours de la première guerre mondiale, des soldats français condamnés sont employés dans cette carrière. En 1922 sont déposés les statuts de la Société Anonyme des Carrières de Basalte de Saint-Sauves. Entre guerre, son front d'exploitation est alors attaqué à la mine sur 200 mètres de largeur et 30 mètres de hauteur. À son pied se trouvait la plate-forme sur laquelle s'écroulaient les masses détachées et que déservait une voie ferrée privée. Au dessous s'étageaient à différents niveaux sur une hauteur de 33 mètres jusqu'à un embranchement d'embarquement ferroviaire particulier quatre concasseurs à machoires, quatre broyeurs à meules, des trieurs rotatifs et les dépots des différentes catégories de matériaux obtenus. À proximité se trouvaient des usines de fabrication de pavés, de bitume ou encore de pierres artificielles, les quais de chargement sur wagon à cheval, un accumulateur en béton armé, des bâtiments d'administration, des logements pour le personnel de direction et la main d'oeuvre ainsi qu'un réseau de distribution de l'électricité, transportant aux machines 400 chevaux de force fournis par les barrages hydroélectriques de Saint-Sauves et de La Bourboule avec un appoint éventuel des mines de Champagnac (15).

© Robert FONTAINE, dont la famille maternelle pose avec les ouvriers devant le site des Escures en 1928

La commune de Saint-Sauves se situe dans le périmètre du parc naturel régional des Volcans d'Auvergne. La Dordogne ainsi que les ruisseaux de la Loubière, de la Cluze, de Ganne-Ferrade et de Goulandre, classifiés comme rivières à loutres, sont inventoriés en zone NATURA 2000. Tandis qu'un contrat de rivière concerne la Dordogne, le nord de Saint-Sauves est quant à lui concerné par le Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau et le contrat de rivière de la Sioule, l'un de ses principaux affluents, la Miouze, prenant sa source entre Pédaire et la Banne d'Ordanche.


Saint-Sauves est également concernée par trois Zones Naturelles d'Intérêt Écologique Floristique et Faunistique :

À noter, la ZNIEFF de type 1 des bois de Charlannes (743,37 ha) à l'est de Liournat ; situées sur les versants est et nord-est de la vallée de la Dordogne et en pourtour de la vallée du ruisseau de Vendeix, dans la partie septentrionale du massif des Monts-Dore, ces zones forestières trouvent leurs limites supérieures au niveau des plateaux sommitaux environnants : plateau de Charlannes, montagne de Chambourguet et de Bozat. Elles sont représentées par des hêtraies-sapinières particulièrement typiques et des hêtraies d'influence atlantique à scille lis-jacinthe. Le sapin pectiné est très présent dans l'ensemble des groupements et les forêts des versants les plus abrupts montrent une grande diversité. Elles comportent plusieurs espèces protégées comme la listère cordée, petite orchidée typique des sapinières anciennes, le lis martagon et dans les lisières, le pavot du Pays de Galles, espèce à affinités atlantique ainsi que le streptope à feuilles embrassantes, liliacée à optimum subalpin. Une trentaine d'espèces d'oiseaux est recensée sur le site parmi lesquels le pic noir ou encore le venturon montagnard. Le muscardin est signalé ainsi que les mouflons (introduits) qui trouvent ici une zone de calme.

Source : DIREN Auvergne

Un nom : Au fil des siècles, le nom du village a évolué. Si au XIVème siècle, il porte le nom du martyr Sanctus-Silvanus, au XVIème et au XVIIème, nous le trouvons respectivement sous l'appellation Saint-Saulves (1510), Saint-Salve (1639) et Saint-Saulve (1789). Lors de la Révolution Française, il reçoit le nom de Sauve-Libre (2.235 habitants). Les plus vieux documents le concernant datent de 1305 et sont pour la plupart rédigés en latin [Castellania et parochia sancti Silvani].

Ainsi, Saint-Sauves puise, pour partie, l'origine de son nom dans celui d’un martyr, Saint Sylvain (ou SILVAIN  ou SILVIN), évêque de Gaza, condamné aux travaux forcés dans les mines de sel de Phaeno, décapité avec 39 compagnons à Cividale, en 303 ou 311. Son nom est issu du latin « Silva » (=forêt) (d’où Silvanus  ou Silvinus =Dieu des forêts). Sa fête est le 4 mai. À remarquer, le culte, en Limousin et en Périgord, de Silvanus, martyr du 4ème siècle, et de Salvius, évêque d'Albi au 6ème siècle. Sa fête est le 16 octobre.

Saint-Sylvain

Cependant, l'étymologie a également son origine dans le patois régional où saulvé désigne le refuge, l'asile (à rapprocher de la dénomination de la localité de La Sauvetat, près de Champeix, dénomination venant du latin Salvatenum, la sauveté, qui est le nom donné au XIIème siècle aux villes neuves du sud ouest de la France qui délimitaient un territoire où les habitants étaient protégés, donc « saufs », placés sous une sauvegarde particulière. De même, le site de La Sauvetat révèle une situation analogue à Saint-Sauves -proximité des axes routiers et fluviaux, vallons...).

À signaler, le nom de "St Sauves", donné au début du XXème siècle par des "Bibs" locaux, à une des portes du site de Cataroux - CLERMONT-FERRAND de la manufacture MICHELIN (5, rue des Planchettes, à Montferrand)

Usine MICHELIN     Usine MICHELIN

 

Une histoire : Une présence humaine ancienne est attestée par  la découverte, aux XIXème et début XXème siècles, d’objets d'argile cuite d'origine gallo-romaine, trouvés à l'ouest du bourg (Les Perties). Une voie romaine, la trames simita, partant de Clermont-Ferrand (Augustonementum), et passant par Tallende, Aydat (Avitacum, villa de Sidoine Apollinaire), la station thermale du Mont-Dore, déjà très fréquentée sous son nom latin Bains , ainsi que par La Bourboule pour se diriger vers Latour (à Saint Pardoux, pont romain sur le Burandoux) Bort, Aurillac et Rodez (Sejodunum), traversait le vallon de Fohet et de Liournat (trace encore signalée sur les cartes du début du XIXème siècle  ; écuelle en bronze découvert au domaine de Fohet par le Dr BERTRAND, de Tauves. Vestiges à proximité, au lieu-dit Auza). Une borne miliaire de cette voie, dédiée à l'empereur Postumus, a été dégagée en 1885 sur la commune d'Ydes (15), entre la Gorce et Largnac  ; cette borne, visible dans la chapelle du Château de Val (Lanobre-15), mesure 1,67 m. sur 0,44 m.

Borne miliaire d'Ydes (15)

Au IVème siècle, Saint-Sauves connaît une forte christianisation. Au temps des invasions barbares, on suppose que le bourg de Saint-Sauves a été fortifié et constituait un lieu d'asile pour femmes, enfants et vieillards. Au Moyen-âge, Saint-Sauves est un fief appartenant à la famille des de La Tour d’Auvergne, Comtes d'Auvergne, dont les terres se répartissent en Artense, puis de Saint-Saturnin à Vic-le Comte. Saint-Sauves change de main, au gré des mariages et des successions  ; sous une paroisse commune, Saint-Sauves se morcelle en différents fiefs : Charlannes et La Pailloncy, La Croze, Les Égaux, Les Escures basses, Le Planchat, La Vergne, Méjanesse, … Des bornes délimitant ces territoires sont d'ailleurs encore visibles aux confins de la commune comme par exemple dans le bois de la Chaux de Mouchet (Saint-Sauves/Tauves/La Tour d'Auvergne)...

Borne du bois de la Chaux de Mouchet

Plus tard, pendant la Guerre de Cent Ans, le village, situé près de la voie stratégique Clermont-Aurillac, souffre beaucoup des privations et des pillages de troupes de passage. Au XVème siècle, le village est ruiné  ; autour du centre paroissial, sur 27 tènements recensés, 14 sont abandonnés, 19 sur 24  à Châteauneuf, et un seul habitant à la Collonge. 

Les fonds d'archives des greffiers RAMADE-LACOMBE, exploités par Emmanuel GUILLAUME et présentés dans le bulletin historique et scientifique de l'Auvergne sous le titre "Justice seigneuriale et vie quotidienne dans la vallée du Mont-Dore au XVIIIème siècle" (1992), permettent de présenter des procédures judiciaires du XVIIIème siècle en rapport avec la région de Saint-Sauves.

Au XVIIIème siècle, la société rurale de cette région se compose majoritairement de paysans propriétaires établis dans des petits bourgs ou des hameaux de 5 à 10 feux ; leurs terres sont exploités en métayage ou en fermage. Concernant les foires, elles ont lieu à La Tour (début mai et octobre) et à Laqueuille (septembre).

Les artisans se composent essentiellement de maréchaux-ferrants, de tisserands, de voituriers, de marchands, cabaretiers et aubergistes ainsi que de meuniers. Ces derniers moulent le grain, pressent l'huile, broient le chanvre [dans les moulins à "maillerie"] sur la Dordogne ou sur le ruisseau de Pailhers, seul moulin de la région privé à l'époque (moulin du Gris appartenant à CHALEIL). Quant aux scieries, celles-ci sont établies sur les ruisseaux à proximité des bois de Bozat.

Aussi, cette société se caractérise par sa poly- voire pluriactivité, les artisans étant fréquemment commerçants ou paysans à la fois.

Des travaux de réparation sont adjugés en 1718 sur le tronçon allant du Pont, par les Renardières, jusqu'au carrefour des routes de Tauves et de Longessagne (Les Croûtes). Il en découle de la route actuelle (par Méjanesse) n'emprunte pas le tracé primitif.

En 1786 est signalée à Saint-Sauves une fraude au cours du tirage au sort des nouvelles recrues de la milice royale.

À la veille de la Révolution, les habitants rédigent leurs doléances à l'occasion de la réunion des États Généraux. Au cours de cette période troublée (en 1793, à l’occasion du tirage au sort des conscrits) et du XIXème siècle, le bourg connaît plusieurs incendies (le 25 novembre 1795, des habitations sont détruites à Massanges ; le 24 octobre 1822, 76 maisons du bourg -sur 96- sont incendiées accidentellement comme le rapporte l'article ci-dessous).


Également, lors de la Révolution, Jean BRUGIERE est arrêté le 28 germinal An II pour être présenté au tribunal révolutionnaire de Besse. Refusant de prêter serment, il est condamné à mort comme réfractaire à la loi le 12 floréal an II, par le tribunal criminel du Puy De Dôme, et guillotiné le jour même face à la halle aux blés de Clermont-Ferrand (aujourd'hui, école des Beaux-arts) avec un jeune clerc, François JAMOT. Prêtre filleul né au petit Baguay en 1736, ordonné prêtre en 1767 et vicaire de Saint-Sauves pendant douze ans avant de devenir simple communaliste, le père BRUGIERE était devenu infirme en 1785 d'un "raidissement des nerfs" et s'était retiré à Bajouve (Paroisse de Saint-julien Puy-Lavèze). En revanche, François VEDRINE, prêtre de Saint-Sauves, las d'être traqué, prête le serment ci-après vers 1797 : "Je jure haine à la royauté et à l'anarchie et attachement et fidélité à la Constitution de l'an II".

À cette époque, la commune de « Sauve-Libre » est rattachée au district de Besse en Chandesse (le canton de TAUVES étant déjà composé des communes d'Avèze, Labessette, Larodde, Singles et Tauves ; le conseil cantonal est présidé par Martin GUILLAUME, de Singles. Le notaire François FAUVERTEIX, de Saint-Sauves, en est le secrétaire avant d'en prendre la présidence en l'An VI, Jean MOULIN puis DAUPHIN, adjoints ; en l'an VII, François BERTRAND, Joseph BAUDONNAT, SERTILLANGES, Pierre AUBIER puis VEYSSET sont nommés successivement agents municipaux pour démissionner aussitôt).

En 1804, des soldats sont mis en subsistance chez les parents de cinq déserteurs de la commune. En avril 1814, le maire de Tauves informe celui de Saint-Sauves, François BERTRAND, du passage de huit cents prisonniers espagnols, qui lui répond ne pouvoir en accueillir plus de cent trente "chez quelques personnes raisonnables qui savent se prêter aux circonstances".

En 1831, les habitants du canton de Tauves réclament à nouveau le rattachement de celui-ci à l'arrondissement de Clermont-Ferrand  ; le découpage, encore actuel, de l'arrondissement d'Issoire jusqu'aux cantons de Tauves et de Latour d'Auvergne ayant pour origine le rattachement de ces localités au district de la "Bonne ville" de Besse en Chandesse sous l'Ancien Régime.

Concernant le service postal, le bureau de distribution de Saint-Sauves ouvre en juillet 1859 et devient bureau de direction en janvier 1874. Le bureau de poste occupe son bâtiment actuel depuis novembre 1933. Par décret du ministre de l'intérieur en date du 3 décembre 1936 (Journal officiel du 24 décembre 1936), la commune de Saint-Sauves prend la dénomination de Saint-Sauves d'Auvergne.

Le bourg fait l'objet de mesures d'urbanisme avec le transfert du cimetière en 1854, la construction de la bascule publique en 1911 et du monument aux morts en 1920.

Au moins deux saint-sauviens disparaissent au cours de la guerre franco-allemande de 1870-1871 :

Saint-Sauves reçoit en août 1872 la visite du ministre de l'instruction publique. Outre les écoles des garçons et des filles situées dans le bourg, la commune est dotée d'écoles dans les vilages de Méjanesse, Liournat et du Baguay. La congrégation enseignante des Soeurs de la Miséricorde dispose également d'un établissement dans le bourg du XIXème siècle jusqu'en 1904.

Le 25 février 1889, la commune perdait l'un des derniers vétérans du Premier Empire avec le décés de Joseph VERNET (né le 16 août 1793, cultivateur domicilié à Méjanesse et décoré de la médaille de Sainte-Hélène). Un autre saint-sauvien a également reçu cette distinction : Antoine MANRY (né le 8 mai 1794).


En 1896 est signalé le vol de dynamite à la poudrière de Saint-Sauves.

Le 12 novembre 1899, la municipalité RIBEROLLES décide la création du corps communal des sapeurs-pompiers. La subdivision est créée officiellement par le préfet ARDISSON le 19 février 1900. La première intervention majeure de l'unité a lieu le 29 juin 1900 ; ce jour-là, le village des Chomettes [les Chaumettes-Hautes aujourd'hui] disparaît lors d'un violent incendie.

Au cours de la guerre de 1914-1918, la subdivision perdra plus de la moitié de son effectif avec la mort au combat de huit sapeurs-pompiers : le sapeur Henri RAMADE (adjoint au maire), le sapeur Antoine BOUCHAUDY, le sapeur Jean BOUCHAUDY, le sapeur Michel FERREYROLLES, le sergent François VEDRINE (conseiller municipal), le sapeur Michel JUILLARD, le sapeur François GUILLAUME et le caporal Joseph VERDIER (garde champêtre).


Le corps est dôté d'une pompe à bras dès le 30 novembre 1899 grâce à une souscription publique ; un local est spécialement érigé pour abriter ce matériel. En 1934, le conseil municipal fait l'acquisition d'une moto-pompe RENAULT de 70 m3 puis l'année suivante, fait remplacer le clairon par une sirène installée dans le clocher de l'église. En 1936 est construite une nouvelle caserne. En 1950, la municipalité fait également l'acquisition d'un véhicule Dodge dans un surplus américain.

Pendant la guerre de 1914-1918 où périssent plus de 120 Saint-Sauviens, des soldats français condamnés sont affectés aux chantiers de travaux publics n°14 (carrière de basalte de Chez Chabosy).

Le catalogue de l'exposition réalisée par Thibault FOURIS à l'occasion du centenaire de l'Armistice du 11 novembre 1918 est téléchargeable : PDF

Un Saint-Sauvien de 20 ans est tué lors de la guerre du Rif : le soldat Pierre OLLIER, originaire du village de Goulandre, affecté au 63ème régiment de tirailleurs marocains et mort le 5 mai 1925 à KOUDIAT AIN LAAKED (Maroc).

Lors de l'exode de 1940, des réfugiés du nord de la France, de Belgique et du Luxembourg sont accueillis à Saint-Sauves. Installée temporairement dans la commune, l'oeuvre Saint Willibrord recense les avis de recherche des luxembourgeois réfugiés dans la région.

L'avenir du plateau central - 05 juin 1940

De jeunes habitants, réfractaires au Service du Travail Obligatoire, rejoignent le maquis de la future zone III F.F.I. dirigée par le docteur de Bourg-Lastic, Willy MABRUT alias "Tonton", vers 1943 et 1944 et forment, pour la plupart, le maquis de Saint-Genès Champespe en juin 1944. Il convient de lire à ce sujet les incontournables ouvrages de Michelle SERRE : "La région de La Bourboule et du Mont-Dore pendant la seconde guerre mondiale" (2017) et "Willy Mabrut, du réduit de Saint-Genès-Champespe au maquis de Bourg-Lastic 1944-1945" (2019) publiés aux éditions La Galipote.

Le secrétaire général à la jeunesse, Georges LAMIRAND, prononce une allocution dans l'école de Saint-Sauves le 21 juin 1941 sur le rôle des instituteurs. Par ailleurs, à l'occasion d'une villégiature de quelques jours à La Bourboule en 1943, le maréchal Philippe PETAIN vient assister à l'office religieux de la fête du 15 août en l'église de Saint-Sauves.

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 1943, des titres d'alimentation sont dérobés à la mairie ainsi que de l'essence dans le garage GIRAUD. Le 18 mai 1944, une automobile est également volée. Le 12 septembre 1944, postérieurement à la libération de la région, une ferme est entre autre pillée et incendiée à La Grange Neuve.

Onze Saint-Sauviens ont disparu pendant la seconde guerre mondiale, notamment un gendarme ancien combattant de 1914-1918 et résistant mort en déportation le 16 janvier 1945 à NEUENGAMME (Allemagne), Joseph VEYSSIERES, et un anglais lieutenant FFI mort au cours des combats de la libération le 22 août 1944 à TORTEBESSE, William Thomas Lloyd SHORT.

Saint-Sauves perd encore deux de ses enfants au cours des guerres d'Indochine et d'Afrique du nord : le lieutenant Georges GUILLAUME, du bourg, décédé le 8 mars 1949 à l'hôpital de BIEN-HOA (Indochine) et le soldat de 2ème classe Robert FOURNIER, originaire de Goulandre et décédé le 18 février 1958 à l'antenne chirurgicale 314 de TEBESSA (Algérie) suite à un accident de la route.

Le 17 juillet 1952, à l'occasion du 39ème Tour de France, le parcours passe pour la première fois dans le bourg de Saint-Sauves (21ème étape Limoges - Clermont-Ferrand). La grande boucle est revenue à 6 autres occasions sur la commune de Saint-Sauves : le 09 juillet 1959 (14ème étape Aurillac - Clermont-Ferrand), le 21 juillet 1967 (20ème étape Limoges - Puy-de-Dôme), le 22 juillet 1992 (17ème étape La Bourboule - Montluçon), le 14 juillet 1996 (14ème étape Besse - Tulle), le 10 juillet 2008 (6ème étape Aigurande - Super-Besse) et le 09 juillet 2011 (8ème étape Aigurande - Super-Besse Sancy).

Le 9 octobre 1958, la commune fête le centenaire de son doyen Léger BONNABRY, en présence du sous-préfet d'Issoire et du conseil municipal.

En 1963 est projetée la création d'un collège d'enseignement technique sur la commune. La maison d'enfants "Les Ludines" ouvre vers 1969. Depuis le 3 janvier 2005, le bâtiment est occupé par le centre national & international de musique d'accordéon (CNIMA) fondé par Jacques MORNET à Larodde et dirigée par Nathalie BOUCHEIX.

Les différents maires de Saint-Sauves sont :




Les notaires successifs de Saint-Sauves sont :

Enfin, un bilan de l'évolution démographique cantonale et communale depuis le début du XIXème siècle peut être présenté :

Année 1828 1875 1885 1899 1936 1954 1962 1999 2012
Avèze 654 832 869 838 526 460 407 258 185
Labessette 485 445 491 504 318 198 141 104 61
Larodde 1028 1175 1219 1207 887 717 690 496 267
Saint-Sauves 1918 2235 2322 2374 1718 1347 1368 1052 1123
Singles 980 1016 1111 1110 598 450 376 214 167
Tauves 2411 2549 2640 2482 1649 1389 1503 940 787
Canton de Tauves 7476 8252 8652 8515 5696 4561 4271 2817 2586
Année 1796 1806 1821 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1968 1975 1982 1990 1999 2007
Saint-Sauves 1891 1983 1686 2131 2069 2024 2123 2164 2124 2010 2235 2245 2322 2409 2374 2518 2109 2005 1851 1636 1700 1750 1718 1504 1311 1143 1091 1030 1052 1140

Avec 1.133 habitants au dernier recensement démographique (2017), la densité de la population de Saint-Sauves (63397) est de ± 23 habitants au kilomètre2

Dans les environs ont été découvertes des pierres énigmatiques, vestiges d'une occupation ancienne de la région. Ainsi, au lieu-dit des Renardières ont été dégagés, au siècle dernier, des restes d’une vingtaine de cases alignées et très ordonnancées, de 30 à 50 kilos, reliées entre elles par une double murette, et circonscrites par une levée de terre. Le Cheix, colline voisine de Méjanesse, présente des vestiges d’habitations en pierre sèche analogues aux Renardières.

De plus, le proche village de Méjanesse fut, dit on, le siège d’une colonie romaine ; en 1240, une maison forte [fortaricia de Maganessas] y fut bâtie par la seigneurie de La Tour d’Auvergne, possesseur de Saint-Sauves. Le village de Choriol fut également le site  d’un château, aujourd’hui également disparu.

La pittoresque butte granitique de Châteauneuf [castrum novum] est surmonté, à 915 mètres d’altitude, d’une croix et d’une statue de Saint-Roch, faisant autrefois l’objet d’une procession chaque été. Les fondations d’une ancienne construction apparaissent dans des textes comme ayant appartenu à Bertrand de La Tour vers 1240 avant que les barons de Granges s'en rendent maîtres à la fin du XVIème siècle, le site offrant un panorama remarquable sur la vallée de la Haute-Dordogne. Des fouilles réalisées en 1889 faisaient état de la découverte "d'un carré de 1,80 m sur 2,33 m de profondeur, une citerne probablement, fait en maconnerie, recouvert d'une sorte de ciment rouge et entouré à diverses hauteurs de trois filets de peinture fort bien conservés. Près de là, on a aussi trouvé des écuelles de bois, de la poterie vernie et des pierres curieusement taillées" (Cf. Le petit clermontois, édition du 15 janvier 1889).

Le rocher granitique de Chibet (ou Chibret) et les bois de Liournat renferment quelques filons de stibine (sulfure d’antimoine, employé comme alliage avec le plomb pour former le régule ; la production locale était raffinée à Massiac et Auliac, dans le Cantal), et de fluorine, ayant donné lieu à une exploitation vers 1850 (restes de déblais et puits ; accès interdit).

Au Jansanet (le Janssonnet, 1738) est relatée l’existence d’une maison bourgeoise appartenant par la suite au Docteur Michel VEYSSET, descendant d'une famille bourgeoise. Enfin, le domaine de Pradeille (ou Pradelles) qui s’étend jusqu’à la commune de La Tour d’Auvergne, fut jadis le siège d’une seigneurie. Un Clermontois, Louis CHAUCHAT, y était propriétaire en 1334 (dépendance de la Fosse près Murat le Quaire).

Thibault FOURIS

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