Le patrimoine


  

La présentation de l'église paroissiale est consultable sur la page "Une église".

La présentation des hameaux désertés des Renardières et de Cheix est consultable sur la page "Des vestiges énigmatiques".

MH Un portique : Situé sur un lieu incontournable du bourg, sur la place en contrebas de l'église, le porche d'époque Renaissance de l’église primitive est composé de plusieurs sculptures du XVIème siècle provenant de celle-ci et de diverses maisons fortes de la commune (arc en plein cintre, pinacles, rosaces, mascarons, colonnettes,…). Cet élément architectural a été déplacé en 1873 par l'un des maires de Saint-Sauves, Émile FAUVERTEIX (1824-1886). On remarque sur ce monument hétéroclite des écussons entourés de tores dont l’un échiqueté de deux tires et de trois points, blason d'un membre de la famille ROCHEBARON, seigneurs de Saint-Sauves de 1410 à 1578.

Le portique est inscrit au titre des monuments historiques (ex-inventaire supplémentaire des monuments historiques) par arrêté du 25 octobre 1962 (un premier arrêté du ministre de l'instruction publique et des beaux-arts en date du 19 janvier 1926 avait classé l'édifice comme monument historique).

   

À lire

MH Une mémoire :  L’émouvant monument aux Morts de la commune, sculpté par le clermontois Jean-Marie CAMUS (1877-1955) dans la pierre de lave de Volvic pour 18 000 francs (délibération du 31 mai 1919) et inauguré le 28 novembre 1920, porte une épitaphe : « Ne l’oublie jamais » surplombée de la représentation d'une branche de laurier et d'une décoration militaire de type croix de guerre.

Scène dénommée "Le souvenir" par le sculpteur, le grand-père en sabots et en biaude, assis sur le seuil d'une maison auprès de son petit-fils en culotte courte portant une épée à la ceinture, tient un casque percé ; les deux protagonistes fixent d’un œil affligé l’objet symbolisant le parent absent.L'aïeul lègue ainsi à l'orphelin le culte du passé héroïque que, plus tard, l'enfant transmettrra à son tour. Le banc sur lequel est assis le grand-père porte le nom du sculpteur, Jean CAMUS.

Sur ce monument sont inscrits les noms de 115 Saint-Sauviens Morts pour la France lors de la Grande Guerre (et le nom de Pierre OLLIER, mort lors de la guerre du Rif). Sur un panneau annexe sont ajoutés les noms de neuf tués et disparus de la guerre 1939-1945 et des deux morts des guerres d'Indochine et d'Algérie LISTE (pdf).

Jean-Marie CAMUS a réalisé peu après un monument similaire à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), inauguré le 4 novembre 1923 -cliché de gauche-. Ce sujet a d’ailleurs inspiré un autre sculpteur, Joseph ANDRÉ, de Noyon, dont l’œuvre, le monument aux morts de la commune de Saint-Christophe-à-Berry (Aisne) -cliché de droite-, représente une scène similaire dans le calcaire de Soignies (inauguré en 1935).

      

Le chanoine VERDIER (1859-1919), curé de Saint-Sauves, a publié avec ses propres ressources les oraisons funèbres des Saint-Sauviens morts lors de la première guerre mondiale sous le titre "Hommage à nos glorieux Morts 1914-1919" -imprimerie générale, Clermont-Ferrand 1919, 350 pages in-8°- ; imprimé à cent exemplaires, un livre a été remis à chaque famille de tué ou de disparus. De même, il fit réaliser par Jean-Marie CAMUS le bas-relief installé à l'entrée de l'église, représentant un Christ sur le champ de bataille encadré par une croix portant l'inscription "ad lucem per crucem" ; à ses pieds est étendu un soldat rendant le dernier soupir sous la forme d'un gisant, le visage serein et apaisé, le tout entouré d'une multitude de croix. La pierre seule a été financée par le chanoine, le monument ayant été réalisé gracieusement par le sculpteur. Deux plaques de marbre encadrent le monument ; celles-ci énumèrent par année les 97 morts de la Grande Guerre ainsi que les 12 disparus de la commune.

   

L'une des oeuvres de Jean-Marie CAMUS, "La France couronnant le poilu" fut reproduite dans le catalogue des Salons en 1923 avant d'être mise en place à La Bourboule (premier du concours organisé par la ville. La sculpture est l'une des seules coulées en bronze). Son style est allégorique, figure ailée à Chamalières et au cimetière des Carmes à Clermont-Ferrand, pleureuse antique à Montferrand et Avèze. Ses sculptures les plus originales se trouvent à Saint-Sauves et à Tauves ; dans cette dernière commune, une veuve en costume traditionnel dépose une couronne sur une tombe, la scène étant encadrée par un porche dont la pierre régionale de Volvic en accentue le caractère local. Il est également le sculpteur des monuments aux morts de Bourg-Lastic, La Tour d'Auvergne, Bort-les-Orgues et d'Eygurande.

Dans le cadre des commémorations du centenaire, la direction régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes a actualisé l'inventaire des monuments aux morts de la région et a voté l'inscription au titre des monuments historiques d'une dizaine de monuments remarquables ; classé dans la catégorie des monuments "humanistes", le monument de Saint-Sauves a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du Préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes du 10 avril 2019, considérant qu'il "recèle à la fois une véritable délicatesse et une grande émotion s'exprimant dans le traitement sculpté dû à un artiste confirmé dans la typologie commémorative ainsi que dans la composition resserrée de la narration". En hommage au dévouement du chanoine VERDIER, une ruelle située face à l'école primaire porte aujoud'hui son nom.


À lire


Un arbre remarquable : Planté au début du XVII ème siècle, le tilleul séculaire, dit de SULLY, est situé au nord du bourg (circonférence de près de 5,50 mètres).

Le ministre du roi Henri IV et grand voyer de France, Maximilien de Béthune, duc de Sully, enjoignit par ordonnance la population de faire planter des arbres, devant les églises ainsi que sur les places publiques. Les fleurs récoltées devaient être portées aux hôpitaux pour soigner les malades. Par la suite, au début de la Révolution, chaque commune était tenue de planter sur son territoire "l'arbre de la liberté", le plus souvent un tilleul, symbole de la liberté conquise. Les ennemis de la Révolution les prirent pour cible: on les trouvait le lendemain déracinés, coupés, ébranchés. Dans certaines régions de France, la coutume se maintient aujourd’hui avec les arbres de mai ou à l’occasion des élections municipales ; des arbres décorés, en général des épicéas ou des sapins, sont ainsi plantés devant le domicile de chacun des élus à l’occasion d’un banquet. Au pied de l'arbre se trouve une stèle en pierre de lave surmontée d'une croix latine (aujourd'hui disparue) en mémoire de Martin VERNET, cultivateur orginaire du village de La Cluze, décédé à l'âge de 62 ans en cet endroit le 17 novembre 1889.

   


MH
Une borne mégalithique : Aux confins des anciennes paroisses de Saint-Sauves, Tauves, Avèze et La Tour d’Auvergne (Saint-Pardoux) se dresse un menhir en basalte de 2m32 de hauteur, au sommet arrondi et incliné vers le nord-ouest, dit « pierre des quatre curés » (Peyra dou quatrei cura) ou « de la plaine des Landais » ; le lieu, situé à 972 mètres d'altitude à proximité du lieu-dit « Les Croutes », fut considéré, selon la croyance locale, comme un ancien asile de prêtres réfractaires qui y célébraient des offices clandestins lors de la « Terreur » et pouvaient surveiller les abords du plateau. 

Ce site archéologique, situé sur la commune de Tauves, a été daté de l'ère néolithique (classé monument historique par arrêté du 16 juillet 1976).

Dans sa « Description des monuments celtiques, romains et du moyen-âge du département du Puy-de-Dôme », Jean-Baptiste BOUILLET note la présence d'un dolmen sur la commune de Saint-Sauves « près du hameau de Méjannès, sur la gauche de la route et sur le bord d'un petit chemin conduisant à Saint-Pardoux [La Tour d'Auvergne] ». Les derniers vestiges de ce mégalithe auraient disparu vers 1920, probablement réemployés dans la construction d'un batiment ou d'un pont voisin.

À lire

  • Jean-Baptiste BOUILLET, "Description des monuments celtiques, romains et du moyen-âge du département du Puy-de-Dôme", imprimerie Ferdinand Thibaud, Clermont-Ferrand, 1874.
  • Dr Gaston CHARVILHAT et Jean DEMARTY, "La pierre des plaines des Landais" (PDF), imprimerie Mont-Louis, Clermont-Ferrand, 1913.

  • Sylvie AMBLARD, "Inventaire des mégalithes de la France, volume 8 Puy-de-Dôme", Gallia préhistoire - 1er supplément, éditions du CNRS, Paris, 1983.       
 

Un moulin : Installé au bord de la Ganne, le moulin à blé de Chez Courtet est encore en état de fonctionnement. Déjà en 1806, un moulin, situé 30 mètres en amont du bâtiment actuel, juste en contrebas de la retenue d'eau, est mentionné sur un acte de vente ; également, en 1824, celui-ci figure sur le cadastre. Le moulin actuel a été construit au milieu du XIX ème siècle ; L'appentis abritant la roue est plus tardif. Le cours de la Ganne a été légèrement dévié vers le sud pour édifier le moulin. Il se compose d'un logis, installé à l'étage, et du moulin proprement dit qui occupe l'étage de soubassement. Le logis comporte une salle commune et deux chambres. Un escalier intérieur à vis, en bois, permet de descendre au moulin. La roue hydraulique verticale à augets (restaurée) se dresse au mur gouttereau postérieur et est abritée par un toit en appentis adossé au mur pignon. La meunerie est installée dans l'étage de soubassement de la maison-bloc. Le bief est alimenté par une retenue d'eau dérivée de la Ganne. L'encadrement de la porte du moulin est en grès, ceux du logis sont en andésite. Le gros œuvre est en grès, en moellon et en enduit ; la couverture est en schiste et en tuile plate mécanique.

L'espace est divisé en deux niveaux par un plancher intermédiaire ; les engrenages de transmission de la meule et la bluterie occupent le rez-de-chaussée, la meule repose sur le plancher de la mezzanine et est entièrement protégée par un capot en bois cerclé de fer. Une trémie recueillait le grain à moudre ; un système de sonnette, installé dans le prolongement du réceptacle, alertait le meunier quand le grain venait à manquer. La farine descendait par gravité dans les tamis disposés au niveau inférieur.

    

 

Une rivière :   Née de la confluence, à 1380 mètres d’altitude, de la Dore et de la Dogne, dans le massif du Sancy, la Dordogne s’écoule dans une vallée ravinée par d’anciens glaciers. Dénommée Duranius au Vème siècle par Sidoine APOLLINAIRE, puis Dorodonia au VIème siècle par Grégoire de TOURS, Dornonia du VIIIème au Xème siècles, Dordonia au XIIIème siècle et Dourdogne au XVIème siècle, l’étymologie de Dordogne provient du celte dor (=eau) et dogne (=profond). Pendant plusieurs siècles, les hommes bénéficièrent des ressources de la rivière avec l'installation de moulins à seigle et à huile ainsi que de scieries et d'une centrale hydroélectrique. De même, à partir du XVIème siècle, la rivière permettait aux habitants de la région d’acquérir des ressources saisonnières par le transport de marchandises et la construction de navires comme pionniers-scieurs ; la navigation n’était possible qu’une trentaine de jours par an en amont de Souillac (Lot), au printemps et à l’automne, lorsque les eaux atteignaient une hauteur convenable. Les embarcations étaient construites par les scieurs de long pour descendre avec risque les produits extraits des forêts : Le chêne pour la fabrication des cuviers et tonneaux, et le châtaignier pour les piquet de vigne. Ces embarcations étaient des gabares ou coujadours (17 à 18 mètres de longueur, 4 mètres de large et 1 mètre de hauteur de bord ; elles transportaient de 10 à 20 tonnes de marchandises), des gabarots (12 mètres de longueur ; employés pour le transport du charbon à la fin du XVIIIème siècle), des naus (20 mètres de longueur, elles servaient au passage d'une rive à l'autre en l'absence de pont) et des batelets (5 à 6 mètres de longueur).

Une fois arrivées à destination dans la région bordelaise, les gabares étaient démontées et le bois vendu avec leur chargement. Les gabariers, après avoir passés l’hiver sur les chantiers, remontaient à pied le long des rives de la Dordogne pour les travaux estivaux des champs.

Aujourd’hui, après avoir traversée les stations du Mont-Dore et de la Bourboule, La Dordogne rencontre le barrage de cette ville puis celui de Saint-Sauves, situé à 2,5 kilomètres en aval.

 

Concédé en mai 1921 par l’entrepreneur Pierre CHOCOT, du Pont [S.A. "La Haute-Dordogne, force et lumière puis Forces Hydrauliques du Centre] à "l'énergie industrielle", le barrage de « La Collonge » est du type poids à déversoir et forme à l'origine une retenue de 3 hectares. D’une hauteur de 6,25 mètres et d’une longueur en crête de 32 mètres, ce barrage produit 300 kW avec une hauteur de chute brute maximum de 9,45 mètres. Les eaux sont conduites du barrage à l'usine hydroélectrique, établie en bordure de la rivière, par un canal d'amenée de 350 mètres de longueur.

Le vaste programme d’aménagement hydroélectrique du bassin de la Dordogne n’étant alors pas encore lancé, le projet avorté de barrage d'irrigation de Michel RAMADE en 1889 (d'une longueur de 16 mètres et d'une hauteur de 10 mètres) puis la turbine de M. MANY et cette construction devaient faire de Saint-Sauves l’une des premières communes équipées (La Bourboule et ses environs le furent dès 1895). La concession du barrage ayant été cédée en 1947 par l'Énergie Industrielle à Électricité de France, ce barrage ainsi que celui de La Bourboule ne sont plus désormais que des unités de production d’appoint du groupement hydroélèctrique des usines de Bort-les-Orgues. La modernisation de l'usine hydroélectrique de Saint-Sauves sur la Dordogne est réalisée en 1958.

À signaler, le pont de bois de Saint-Sauves, enlevé par plusieurs crues, fut rétabli en 1571 par les habitants de La Tour ; ceux-ci reçurent 50 livres à cette fin, ce pont étant le seul "existant à plus de dix lieues sur le chemin joignant Aurillac à la Limagne". Cependant une crue l'emporta à nouveau en 1758 ; il a alors été reconstruit en pierre en 1760 par l’intendant d’Auvergne, Simon de BALLAINVILLIERS  (1721-1767) lors de la mise en service de la voie royale de Clermont à Aurillac ; les travaux seront adjugés en 1759 à Germain RAIMBAUX pour la somme de 28 000 livres. Depuis, la crue maximale enregistrée à Saint-Sauves remonte à 1868 avec 100 m3/S. Une prise d'eau pour l'irrigation est construite par Joseph JOUVION en 1875 à l'île aux mouches sur les terrains d'Antoinette GUILLAUME veuve MABRU et de Pierre MIGNOT.

De plus, un projet de barrage au pré-de-l’eau -ou de Laigue- (= le domaine près de l'eau) avait été concédé à la société "L'énergie industrielle", puis abandonné après 1930. Ce barrage aurait été édifié entre deux falaises granitiques à environ deux kilomètres en aval du Pont de Saint-Sauves (RN 122), juste en aval de l'embouchure du ruisseau de la Pailloncie ; Le mur en moellon-granite-basalte était prévu de 22 mètres de hauteur et 6 mètres de développement à la crête, avec une épaisseur de 3 mètres entre parapets au couronnement. La réserve d'eau utilisable devait s'élever à 1.200.000 mètres3 et la surface du lac créé, à 280.000 mètres2.

Par trois conduites forcées de 2.000 mètres de longueur (et d'un diamètre de 1m25) et creusées à même le rocher de la rive droite, l'eau devait actionner, sous une chute effective de 55 mètres, les trois groupes turbines-alternateurs de 2.000 kVa qui seraient installés dans l'usine hydroélectrique prés de la Grangeonne (commune d'Avèze). La puissance de production aurait été estimée entre 1.000 et 4.000 kW

À ce même endroit furent organisées des compétitions réputées de canoë-kayak.

Un insecte : Non loin de là se trouve le lieu-dit « l’île aux mouches », nom donné aux propriétés des familles BRANDELY et MANY situées au bord de la Dordogne de par la présence désormais rarissime d’un coléoptère lamellicorne, d’un bleu cœrulæum métallique pour les males : l’hoplia cœrulea. Cette espèce est commune des prairies alluviales. Les buvettes et auberges tenues par les familles en question accueillaient durant la période estivale les curistes de La Bourboule, notamment pour y déguster des boissons ou profiter des manèges et balançoires. Après la buvette de la famille BRANDELY, l'auberge de la famille MANY a cessé son activité en 1972.

       

 

Un patrimoine de pays : extrait de la Base Mérimée

¤ Croix monumentales ;  41 repérées sur la paroisse ;  XIXème et XXème siècle ; 20 croix portent un chronogramme : 1823, 1835, 1858 (2 fois), 1859, 1868, 1873, 1876, 1880, 1885, 1888, 1902 (2 fois), 1903, 1918, 1932 (2 fois), 1942, 1949, 1979. Matériaux employés : pierre, andésite, bois, fer ou fonte. 

Croix de chemin à L'Estomble ; La croix, datée de 1823, a été légèrement déplacée lors du remembrement de la commune ; elle était érigée en bordure d'un terrain communal qui n'existe plus. Petite croix latine de section circulaire scellée sur un fût cylindrique à astragale, base carrée et griffes. Socle trapézoïdal en pierre de taille (andésite) mouluré portant l'inscription : BOUCHODIT/1823. Sujets : Christ en croix sur la face de la croix ; Vierge au revers de la croix ; couronne d'épines en nimbe. hauteur totale = 204 cm.

¤ Maison & fermes ; (178 repérées ; 623 bâties)

Maisons des XVIIIème, XIXème et 1ère moitié du  XXème siècle. 133 maisons et fermes portent un chronogramme (soit 1724, 1730, 1740, 1746, 1758, 1761, 1775, 1780 (2 fois), 1796, 1797, 1801, 1803, 1805, 1806 (2 fois), 180, 1811, 1813, 1816 (2 fois), 1822, 1823 (3 fois), 1824, 1825, 1827, 1828, 1829 (2 fois), 1831, 1832, 1834, 1836, 1837 (2 fois), 1839 (2 fois), 1840, 1841 (3 fois), 1842 (2 fois), 1843, 1845, 1846, 1849, 1850, 1857, 1864, 1866, 1870, 1871, 1872, 1873 (2 fois), 1877 (3 fois), 1878 (3 fois), 1881 (3 fois), 1882 (3 fois), 1885, 1886, 1887 (3 fois), 1888 (2 fois), 1889, 1890 (4 fois), 1892, 1893 (3 fois), 1894, 1895 (2 fois), 1897 (2 fois), 1898 (2 fois), 1899 (2 fois), 1900 (3 fois), 1902 (2 fois), 1904, 1905, 1906, 1908 (2 fois), 1909, 1910 (3 fois), 1911, 1912 (3 fois), 1913, 1914 (2 fois), 1925, 1927, 1928, 1929, 1930, 1931, 1932 (3 fois), 1933, 1940, 1943, 1947, 1950, 1952 (2 fois), 1955.

Le gros œuvre se compose de granite, de grès, de micaschiste, de basalte, de moellon (moellon sans chaîne en pierre de taille), d'appareil mixte, d'enduit, de pierre de taille ou de moyen appareil. Les couvertures sont généralement en schiste (lauze), ardoise, tuile, tuile plate mécanique, chaume, tôle ondulée,  ciment en couverture ou ciment amiante. Enfin, les typologies rencontrées sont les fermes en maison bloc, fermes à maison bloc, maisons bloc à disposition mixte, maisons bloc à terre, maisons bloc en hauteur, fermes à bâtiments distincts, burons et granges étables.

Ferme de la Montagne de Charlannes ; aujourd'hui inoccupée et transformée en grange étable, cette exploitation agricole, construite en 1890, était l'une des deux fermes permanentes les plus hautes de l'aire d'étude, la seconde étant située non loin de là, sur la même montagne. La fenêtre médiane du logis est un percement tardif. Construite au milieu des terres, la ferme est située à proximité du chemin de communication, entre la Bourboule et la Tour d'Auvergne. C'est un des rares exemples de maison-bloc à disposition mixte où l'étable comporte 2 entrées disposées sur les murs pignons opposés. Le logis, en rez-de-chaussée surélevé, est en étage de surcroît. Les encadrements des ouvertures du logis et ceux des portes de l'étable sont en andésite. La façade du logis est située sur le mur pignon orienté au sud-est. A l'opposé, une croupe amortit les coups de vents contre l'étable. Les matériaux employés sont le basalte, le moellon, l'enduit et une couverture en ardoise; le plan est en rez-de-chaussée surélevé avec un toit à longs pans avec croupe (un pignon couvert, un escalier de distribution extérieur et un escalier droit, un logis simple en profondeur sans couloir, une grange et une remise sur l'étable, des portes d'étable en murs pignons opposés,  une montée de grange, une porte de grange en mur gouttereau, une porcherie accolée à l'étable).

Ferme à Méjanesse ; Un premier bâtiment (maison-bloc à disposition mixte) a été construit après 1850. En 1910, la ferme fut presque entièrement reconstruite et un logis a été ajouté, transformant la ferme en maison-bloc à terre et à façade double (en mur gouttereau et en mur pignon). Le nouveau logis, plus vaste, fut accolé au pignon de la ferme. De l'ancien logis ne subsiste qu'une porte piétonne et la baie d'évier. Dans le même temps, une étable à chevaux et une remise agricole furent également construits perpendiculairement à la grange-étable, le long de la montée de grange, une cave est installée sous la montée de grange. La fermeture de la remise est très tardive. Tous les encadrements des ouvertures de la ferme et la corniche du logis sont en andésite. La croupe est installée sur le logis, à l'opposé des vents dominants, cas rarissime dans l'aire d'étude. Les matériaux employés sont le basalte, le moellon, l'enduit et une couverture en ardoise. Le plan est en rez-de-chaussée avec étage en surcroît et un toit à longs pans (un pignoncouvert, un croupe ferme en maison-bloc, une maison-bloc à terre, un logis double en profondeur avec couloir transversal, une grange et remise sur étable, une étable à vaches, une porte de l'étable en mur pignon, une étable longitudinale, une étable à chevaux, une montée de grange, une porte de grange en mur gouttereau, une porcherie isolée, un four à pain isolé, une fontaine-abreuvoir).

Ferme au Grand Bagay ; ferme en maison bloc;  Le développement des murs gouttereaux indique une date de construction postérieure à 1850. La ferme n'est pas représentée sur le plan cadastral de 1824. La remise jouxte le logis mais le fenil est installé en partie au dessus du logis. Le plan est en rez-de-chaussée surélevé (une étable, un atelier et four à pain ouvrant dans un étage de soubassement, un toit à longs pans, pignon couvert, maison bloc en hauteur, logis sans façade principale, simple en profondeur sans couloir, remise sur étable, montée de grange, porte de grange et porte d'étable en murs pignons opposés, étable transversale, deux chambres aménagées dans l'étage du comble). Les matériaux employés sont le grès, le basalte, le moellon, le schiste , l'enduit (appareil mixte, pierre en couverture).

Ferme aux Crozes ; La maison-bloc est dessinée sur le plan cadastral de 1824. La morphologie trapue du bâtiment, le plancher de la grange, constitué de troncs d'arbres équarris disposés jointivement, la forme de la porte de grange, très en retrait par rapport au mur gouttereau et l'absence de toit rampant sur le versant pour abriter cette porte incitent à attribuer la construction de la maison bloc au 18e siècle. Un nouveau logis a été construit au 19e siècle, probablement après 1850, de l'autre côté du chemin communal ; le four à pain et la porcherie sont édifiés plus tard, de part et d'autre de ce chemin communal. La maison-bloc initiale a également été remaniée et agrandie à deux reprises au moins, la porte d'étable primitive, aujourd'hui bouchée, ouvrait sur le mur gouttereau. La maison-bloc n'a pas de façade principale et la porcherie, intégrée dans le bâtiment, jouxte le logis. La porte d'étable primitive se situait sur le mur gouttereau, desservant une étable transversale. Les agrandissements successifs l'ont transformée en étable longitudinale avec la porte en mur pignon. La couverture était en chaume, le pignon du logis étant découvert. Le nouveau logis, simple en profondeur et avec comble, comportait un four à pain accolé au mur pignon. Après la construction d'un nouveau four voûté, il fut transformé en logement annexe. Seule l'ancienne porte d'étable comporte un encadrement en grès, les autres ouvertures sont en andésite. Les matériaux employés sont la  lave, le basalte, le moellon, l'enduit, la tôle ondulée, des matériaux synthétiques et de la pierre en couverture, le ciment amiante, le schiste, l'ardoise. Le plan est en rez-de-chaussée avec étage de comble (voûte en berceau brisé, toit à longs pans, pignon découvert, croupe arrondie, toit à longs pans, pignon couvert ferme à maison-bloc, maison-bloc à disposition mixte, maison-bloc sans élévation principale, logis simple en profondeur sans couloir, grange et remise sur étable, accès à la grange par la pente, porte de grange en mur gouttereau, porte d'étable en mur mur pignon, étable longitudinale, porcherie associée au logis, porcherie-poulailler isolée, four à pain ouvrant dans le logis,  four à pain isolé).  Cette ferme constitue un exemple intéressant d'évolution d'une maison bloc et la transformation en domaine et en ferme à bâtiments distincts par agrégation de dépendances spécialisées. La situation, à cheval sur un chemin public, est intéressante : les parties constituantes enserrent le chemin et tendent à en restreindre l'usage à des fins privées.

Ferme à Goulandre ; La ferme figure sur le plan cadastral de 1824. Sa construction remonte probablement à la fin du 18e siècle. Les ouvertures percées dans le mur pignon de gauche sont récentes. La porte de l'étable, en mur pignon, a été percée tardivement, lorsque la salle commune fut séparée de l'étable. Le logis ne comporte qu'une pièce séparée de l'étable par une cloison de planches. A l'origine, l'accès au logis et à l'étable se faisait par la même porte. Aucune cloison ne séparait les espaces spécialisés. Les encadrements des baies du logis sont en grès. Accès commun à l'étable et au logis par une porte piétonne. La porte d'étable actuelle a son encadrement en bois et l'accès au fenil se faisait par une fenêtre ouvrant sur le mur pignon. Le chaume de couverture est posé selon la technique au harki, les pignons étant couverts par une " mouréno ". Le gros œuvre se compose de micaschiste, de moellon et d'enduit; la couverture est en chaume et en tôle ondulée (toit à longs pans ; pignon couvert). Le plan est en rez-de-chaussée et en étage de comble (ferme en maison-bloc ; maison-bloc à disposition mixte ; maison-bloc à porte unique ; logis simple en profondeur sans couloir ; fenil sur étable et logis ; étable transversale)

¤ Four à pain isolé à Choriol ; Les deux fours à pain du hameau de Choriol, construits sur le couderc, sont dessinés sur le cadastre de 1824 et ont été vraisemblablement construits au 18e siècle. Seul le premier est conservé dans son intégralité, la porte du second a été refaite au 19e siècle et possède un encadrement en roche volcanique (ignimbrite) , son four a été refait en briques. Les deux fours sont identiques. Les absides des fours sont couvertes par une croupe ronde. La sole et la voûte du premier four sont en pierre. Les fournils, voûtés en berceau brisé, ne possèdent pas de cheminées, les gaz de combustion s'échappaient par un trou ménagé dans la voûte et un conduit de fumée au dessus du de la bouche du four. Les deux fours sont propriété sectionale. Le gros œuvre est en micaschiste, en basalte, en grès, en appareil mixte, en moellon et en enduit; la couverture se compose de schiste (lauze) (toit à longs pans; pignon couvert).

¤ Fromagerie d'estive à La Plane ; La Plane se dénommait Montagne de l'Estomble avant le remembrement et les terrains étaient sectionaux, c'est-à-dire qu'ils appartenaient aux habitants du hameau de l'Estomble. Avant la Révolution, ces terres appartenaient au chapitre de Laqueuille. Durant l'époque moderne, des procès ont opposé les propriétaires aux habitants du hameau qui en revendiquaient le libre usage pour y faire pâturer leurs troupeaux en été. Une construction isolée figure sur la carte de Cassini. Elle pourrait correspondre à un ancien buron dont des traces subsistent à proximité du bâtiment actuel. Il aurait été ruiné très tôt car il ne figure plus sur le cadastre dit napoléonien. Jusqu'en 1925 et compte tenu de la proximité du hameau, à environ trois kilomètres en aval, aucun buron ne fut reconstruit sur l'estive. En 1926, dans le cadre de l'amélioration des conditions de travail en moyenne montagne, l'administration des Eaux et Forêts propose à la commune la construction d'un buron sur la montagne sectionale de l'Estomble (aujourd'hui La Plane) . Il serait financé par la commune à 60%, avec une aide de l'État, le reste étant à la charge des habitants de l'Estomble, propriétaires du bien sectional. Le devis descriptif et estimatif est fait en décembre de cette année, les plans réalisés en 1927. En juillet 1928, le marché est passé de gré à gré avec Monsieur SALAGNAC, entrepreneur à Saint-Sauves, le procès-verbal de réception provisoire est signé le 20 novembre 1928.

Il s'agit d'un buron en maison bloc en hauteur ; les accès aux dépendances agricoles se font par des portes piétonnes. Les encadrements des ouvertures du logis et de l'étable sont en grès, celui de la porte du fenil est en andésite. Bien que désigné comme buron dans les archives, cet édifice ne correspond que partiellement à la définition car il ne comporte aucune installation pour le traitement du lait et le stockage du fromage. C'est en fait le logement du pâtre durant la saison d'estive. Le gros oeuvre est en basalte et en moellon, la couverture, en ciment. (étages en rez-de-chaussée surélevé; toit à longs pans ; pignon couvert; escalier de distribution extérieur ; escalier droit en maçonnerie; védélat)

¤ Relais de poste aux Rochettes ; La grange-étable, construite en 1730, est dessinée sur l'Atlas de Trudaine, sans le relais. Ce dernier semble avoir été construit à la fin de ce siècle ou au début du 19e siècle car il figure sur le plan cadastral de 1824. En 1887, un logement a été installé dans la partie de l'étable qui jouxte le relais, la transformant en maison-bloc. En même temps la porte de l'étable ouvrant sur le mur gouttereau, à côté du nouveau logis, était modifiée en porte piétonne. C'est certainement à cette époque qu'est également reconstruite la porte de la grange. Les bâtiments sont disposés en équerre, le relais occupant la pente dominant l'ancienne route royale de Clermont à Aurillac par Mauriac. La grange étable, de grandes dimensions, possédait deux entrées d'étable, l'une en pignon, l'autre sur le mur gouttereau. la porte de grange est située sur le même mur gouttereau. Lors de la construction du logis, cette porte devient piétonne. Une fontaine abreuvoir est installée à l'angle du pignon de l'étable. Le relais occupe le niveau supérieur du bâtiment perpendiculaire, au-dessus de l'étable à chevaux qui en occupe l'étage de soubassement. Le mur gouttereau du relais est surmonté d'une corniche en doucine en andésite. Au dessus de la porte de la salle de restauration, une fenêtre ovale, avec un encadrement monolithique, est aujourd'hui murée. Tous les encadrements des baies du relais et du logis sont en andésite. Seule la porte de grange possède des piédroits en ignimbrite. Le gros oeuvre se compose de grès, de basalte, d'andésite, d'ignimbrite, de moellon, d'appareil mixte et d'enduit; le bâtiment est couvert en ardoise (type toit à longs pans ; pignon couvert; maison-bloc à disposition mixte ; souillarde hors œuvre ; grange et remise sur étable ; porte d'étable en mur pignon ; porte d'étable en mur gouttereau ; étable longitudinale ; montée de grange ; porte de grange en mur gouttereau ; porcherie accolée à l'étable ; fontaine-abreuvoir ; étable à chevaux).

Etude urbanistique de Beauberty et de Liournat :

Le village tas de Beauberty (route de Laqueuille-gare) est très intéressant car il a conservé de nombreuses caractéristiques typiques du village traditionnel de l'Artense. Le village s'établit autour de l'espace commun en herbe, le couderc central, délimité par une haie végétale ancienne et toujours taillée. Le four banal est situé en bordure du couderc. À proximité du couderc, la barriade primitive, anciennement recouverte en chaume, aligne trois propriétés différentes. Les différents îlots d'habitation, possèdent chacun un jardin et parfois un verger, et sont entourés par un muret de pierres. Le village, implanté sur un petit monticule avec replat, est agrémenté de nombreux frênes, dont certains sont encore émondés.

       

Le village linéaire de Liournat a évolué en fonction des nouveaux besoins agricoles. Il s'agit de bâtiments agricoles construits légèrement à l'écart de l'axe d'organisation principal du village. L'ensemble est situé dans une cuvette de dépression.

       

Thibault FOURIS

icone