L'église

Léglise d'origine romane fut reconstruite à neuve de 1872 à 1876 suite à la décision du conseil municipal de remanier le bâtiment. Sa partie la plus ancienne, l’abside circulaire à la voûte en cul-de-four, date des XIème et XIIème siècles (les chapiteaux avec entrelacs d'inspiration carolingienne seraient du dernier quart du XIème siècle ; ceux de la nef paraissent légèrement plus tardifs - XIIème siècle) ; les bas-côtés et les clés de voûte des nefs latérales sont du XVème siècle et sont ornées des armoiries des seigneurs de Cros ; à noter le bas-relief (vestige d'un linteau ?) enchâssé dans le mur extérieur orienté nord-est de l'église représentant un griffon et un lion, ainsi que les armoiries scellées sur un des piliers centraux de la nef.

               

                   

Une délibération du 6 juillet 1788 autorise la reconstruction de la voûte d'une nef d'une chapelle latérale de l'église. Deux cloches sont également fondues pour une somme de 1.297 livres mais jugées trop coûteuses par les habitants, ceux-ci portent plainte contre le syndic FAUVERTEIX...

En 1867, le conseil municipal, considérant que la toiture repose directement sur un remblai posé sur l'extrados de la voûte et risque de générer de graves désordres dans les maçonneries, et que le clocher, dépourvu de flèche, est disproportionné, décide d'agrandir l'église et de reconstruire le clocher. En 1868, la maîtrise d'œuvre est confiée à François-Louis JARRIER, architecte à Clermont-Ferrand, qui rédige le cahier des charges des travaux en 1869. Les travaux, confiés à PERRIERES, entrepreneur au Mont-Dore, débutent en 1872. Outre les travaux de restauration non spécifiés dont la reconstruction de tous les contreforts, l'église est agrandie d'une travée et d'un clocher-porche. Les deux sacristies flanquant le chevet sont également édifiées. Le procès-verbal de réception définitive est signé le 18 juillet 1876. À cette occasion, l'ancien porche de église est installé sur la place du bourg.

Clocher de l'église paroissiale        Détail du portique

La voûte est en berceau plein cintre sur les deux premières travées de la nef, en voûtes d'ogives sur les bas-côtés, en voûtes à berceau plein cintre en briques sur la dernière travée et en voûtes d'arrêtes en briques sur la dernière travée des bas-côtés. Les chaînages du clocher, les contreforts de la nef et des sacristies utilisent des pierres volcaniques bicolores (andésite et ignimbrite). Les matériaux employés sont ainsi la pierre de taille (moyen appareil), le moellon et l'enduit ; la couverture est en ardoise. Le plan est allongé à un vaisseau avec un toit à long pans, en appentis et en pavillon (croupe ronde ; escalier en vis sans jour). Certains vitraux, dons de paroissiennes (Jeanne BOUCHAUDY née MANRY -de Liournat-, Céline et Marie MANRY, Antoinette RAMADE), sont datés de 1969.

Vue intérieure de l'église au début du XXème siècle (Base Mérimée)       

Au Moyen- Age, le bourg se déplace des "Pertis" vers l'est pour mieux se regrouper autour du noyau que forme aujourd'hui l’église. Avant 1789, le patron de la paroisse était saint Étienne (aujourd’hui saint Jean Baptiste). Saint Roch faisait l'objet d'une particulière adoration.

On apprend dans les procès-verbaux des visites pastorales du XVIIIème siècle que l'église conservait alors trois reliquaires : l'un en forme de bras conservant un fragment d'os de saint Antoine, une petite chasse de cuivre émaillée contenant cinq paquets avec des fragments d'os de saint Joannès, de saint Léonard, d'un bras de saint Guillaume et du crane de saint Etienne, une chasse en bois couverte de lames de cuivre contenant trois paquets avec également des fragments d'os et un morceau de machoire de saint Gervais.

Le saint sacrement était conservé dans un tabernacle en bois doré doublé d'une étoffe de soie ; l'église disposait également d'un "soleil visoire" d'argent (un ostensoir), de deux ciboires d'argent dont un portatif, pour les malades, "point dorés en dedans", de cinq autels dont le maitre autel, deux calices d'argent avec leur patène et de deux confessionnaux.

Deux chapelles privées existaient sur la paroisse : au Cros de sac ("en bon état et suffisamment dotée en 1735) et au château du Planchat, chef lieu des seigneurs des terres basses de Murat ("point dotée"). En 1735, Saint-Sauves dénombre 1 100 "communiants". De plus, le tarif du transport d'une cloche au départ de Saint-Sauves pour Clermont est alors de 5 sols.

Également, parmi les différentes cloches de l'église primitive, trois portaient des mentions relatives à leur parrains et marraines. Au cours de l'an XIII ou XV, une cloche est mise en vente.; ainsi, en 1730 est inaugurée la cloche de la chapelle du Cros de Sac, située à 3 km à l'ouest de la Banne d'Ordanche (en 1940, cette cloche va rejoindre le clocher paroissial; Ø 0,495 m - angélus) : "Je m'appelle Marie de la Visitation pour porter ceux qui entendront la cloche à me saluer trois fois le jour, laquelle a été donnée par Michel BERTRAND et Marie RAMADE, son épouse, pour estre mise à la chapelle du Crodesat de la paroisse de Saint Sauve et en cas de refonte, semblable écrit y sera apposé. Claude SEUROT, IHS, A DS DEI PA".

En 1737, une cloche décrite comme de belle fonte, d'une excellente épigraphie, aux anses à têtes, aux motifs de perles et avec une représentation de la Vierge Mère est bénie (Ø 0,805 m - angélus) "IHS Maria Joseph Sancte Stephane ora pro nobis 1737 Mr Armand François de CASTRIES, gouverneur de Montpellier parrain, Dienne, Jeanne de LA TOUR D'AUVERGNE, marraine. Claude SEUROT".

En 1781 est parrainée une nouvelle cloche (Ø 0,585 m - baptêmes) "Parin Me Joseph Antoine MABRUT, seigneur de Laveaux, Maraine Dame Jeanne GUILLAUME, épouse de Mr BERTRAND, bourgeois ; As VEILLEMIN, fondeur An 1781" [grands parents du Docteur Michel BERTRAND].

En 1864 est parrainé le bourdon de l'église (Ø 1,370 m - glas) avec un décor abondant de palmettes : "Sancta Maria Sine Labe concepta ora pro nobis; au jour de ma bénédiction, j'ai eu pour parrain Mr Pierre Julien Émile FAUVERTEIX-GOUTAY, notaire maire de Saint Sauves, et pour marraine, Madame Michelle BOUCHAUDY, épouse de Mr Camille BOGROS. Etait alors curé Mr Pierre VIDAL, vicaire Mr Amable MONTET, marguillers Mrs Mathieu VEDRINE, Jean BOYER, Michel SARLIEVES, Michel FARGEIX, Pierre VEYSSEL. BURDIN Fils aîné, fondeur à Lyon, 1864".

Photos : Michel ALZAGA

La cure fut fondée par les religieux trappistes de Port-Dieu (Corrèze - chapelle des Manants) et était à la nomination du seigneur de la baronnie de Granges et Tauves, avant d'être supprimée en 1789, avec les 30 autres prieurés et cures rattachés au prieuré de Port-Dieu. En 1719, le presbytère est la proie des flammes. La maison (aujourd'hui occupée par la mairie) acquise en 1855 pour y transférer le presbytère jugé incommode est construite au XVIIIème siècle comme en témoigne la présence de linteaux de fenêtre délardés. Le bâtiment comporte, sur le plan cadastral de 1824, une construction annexe en retour d'équerre sur la rue, amputée jusqu'au niveau de la façade principale par mesure d'alignement avant 1855, en même temps, semble-t-il, que l'on modifiait les baies du rez-de-chaussée du logis. Le bâtiment est à double façade, sur rue et sur jardin. (Remise à bois sur la cave avec accès par une porte haute dont l'encadrement est en grès. Les autres encadrements de la maison sont en andésite; un premier étage carré et un étage de comble; toit à longs pans ; croupe ; pignon couvert; escalier intérieur ; escalier tournant à retours avec jour en charpente; logis double en profondeur avec couloir transversal; four à pain accolé). Le gros œuvre est en basalte et moellon; la couverture est en ardoise.

Au XIème siècle, Port-Dieu était la propriété de Raoul PASSERON de Saint-Sauvin  -ou de Saint-Sauves-, celui-ci fondit avec Saint-Robert de Brioude le prieuré, dépendant de La Chaise-Dieu.

Carte des sites casadéens de la région de Port-Dieu

Les archives précisent que la cure possède trois prés ; le chapitre de La Queuille et la collégiale Sainte-Madeleine (Montagne de Bozat) possèdent également un pacage sur Saint-Sauves. En 1607, le vicaire de Saint-Sauves est Pierre GUILLAUME; en 1644, Louis DAUPHIN est le curé de la paroisse puis, vers 1720, Pierre RABETTE (et François JAUBERT, prêtre filleul) et en 1746, Georges THOURY. Le 4 juillet 1753, François VEDRINE s'installe comme curé avec Pierre BOYER, vicaire, et ce, jusqu'à la Révolution. Le 22 mai 1727, l'évèque note que "les registres des actes de baptèmes de plusieurs années sont entre les mains d'un certain quidam qui n'a pas voulu les remettre au curé" et que "les cabaretiers donnent à boire pendant les offices".

Chapelle des Manants - Port Dieu (19)     Cimetière de Port Dieu (19)

Gabriel de La Salle était prieur de Saint-Sauves en 1607, époque où l'église primitive fut agrandie. De même, il semblerait que les remarquables arcades en plein cintre sculptées du café du commerce et de la salle de tri de la Poste proviennent des vestiges de ce prieuré bénédictin.

Blason    Une rue et l'église

A noter la croix en fer du cimetière du XVIIIème siècle ; il s'agit d'une croix ostensoir, aux fers plats et à l'amortissement en fer de lance baguée. Le centre du croisillon est occupé par un petit Christ de bronze, surmonté du titulus. La hampe est bordée d'une crête à éléments spiralés, comme la croix très semblable d'Orcival (derrière la basilique), vraisemblablement oeuvres du même auteur. On dénombre 41 croix monumentales sur l'étendue de la commune de Saint-Sauves, dont la plus ancienne, d'après l'inscription sur son socle (1823), se trouverait dans le village de Lestomble.


A l'origine, le cimetière ceinturait l'église et était clos, les tombes creusées à même le sol, avant d'être déplacé à la fin du XIXème siècle à son emplacement actuel (présence d'une pierre tombale d'inspiration maçonnique ou œcuménique). Le premier projet de transfert du cimetière date de 1852. Un plan des terrains de Pierre ONDET à acquérir par la commune est établi par le géomètre NOBIER. L'enquête public fait notamment état de l'humidité du terrain et du risque d'enneigement du chemin d'accès. Les devis et détails estimatifs sont rédigés en 1853 ; le cahier des charges est diffusé et les travaux sont adjugés en 1854 malgré l'opposition du curé de l'époque à la translation. Un terrain appartenant à François BRUT est acquis en 1896 par la commune afin de procéder à l'aggrandissement du cimetière.

Croix du cimetière tombe de Pierre Achard (décédé le 10 février 1839) Vue sur l'église et l'épicerie "Familia"

Une statue de Notre Dame de Saint-Sauves a été inaugurée par l'abbé Louis Antoine CHAIX, curé de Saint Genès les Carmes, et bénie par le père MAUBERT, curé de Tauves, le 27 juillet 1873, avec l'église rénovée.



Cette Vierge immaculée est déposée au sommet du pignon découvert de la nef.


Les statues des «quatre évangélistes» du chœur ont été inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques en 1974.

Saint-PierreSaint Jean-BaptisteSaint-EtienneSaint-Paul

Les anciens fonts baptismaux sont conservés sur un belvédère, à proximité de l’église et de l'ancienne mairie.

©Thibault FOURIS

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